Février 2020

On se fabrique une beauté

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Il en est pour la beauté comme pour l'alimentation, la santé, la mode...  On n'est jamais mieux servi que par soi-même !

Élaborer ses propres produits de soin avec des matières simples et saines, c'est l'assurance d'une composition exempte de chimie et de perturbateurs en tout genre. C'est aussi l'occasion de redevenir acteur de ses choix tout en s'engageant encore un peu plus sur la voix de l'autonomie.

On trouve aujourd'hui une multitude de recettes faciles ou élaborées sur internet et à chacun son rythme, ses tendances, en solo ou en atelier... On résiste pas, on se lance ou mieux, on transmet !

En vidéo ce mois-ci, les Ateliers de la Souris Verte

 

Marie Bousquet nous accueille dans son atelier parisien pour nous présenter son parcours, ses collaborations et cette belle initiative qui évolue sans cesse.

Vidéo réalisée par Philmotion (http://www.philmotion.com/)

Parole d’expert

Régis MOILLERON
Régis MOILLERON
Directeur du Laboratoire eau environnement et systèmes urbains (Leesu) et Professeur à l'Université Paris-Est Créteil. Il est spécialiste de la dynamique des micropolluants en milieu urbain.
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Les cosmétiques que nous utilisons ont-ils un impact sur notre environnement ?

Oui, il est désormais acquis que certains constituants des produits cosmétiques présentent un impact sur l’environnement seuls ou en mélanges avec d’autres composés, on parlera alors d’effet cocktail. Il s’agit d’effets écotoxicologiques comme la perturbation endocrinienne, la bioaccumulation, etc.

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De quels polluants est-il question, les retrouve-t-on en milieu urbain ?

Les polluants incriminés sont les conservateurs, ils augmentent la durée de vie des produits cosmétiques, une fois ouverts, en empêchant l’apparition de moisissures.

 

Des études récentes ont montré que ces molécules étaient présentes dans toutes les eaux grises, c’est-à-dire les eaux produites dans nos habitations (douches, lave-linge, lave-vaisselle, éviers…) et étaient ensuite véhiculées jusqu’aux stations de traitement des eaux usées où elles sont traitées. Une étude pilotée par l’ONEMA* et l’INERIS* en 2012 a cependant montré qu’elles ont également été observées dans de nombreux cours d’eau y compris la Seine. Aujourd’hui il n’y a pas d’obligation à suivre ce type de molécules contrairement aux pesticides mais les pouvoirs publics cherchent à élargir les listes des substances à rechercher.

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Comment mesure-t-on ces polluants ?

Les ingrédients incriminés dans les impacts sanitaires et environnementaux des produits cosmétiques sont généralement des molécules organiques.

 

Pour les analyser à l’état de traces (du ng/L au µg/l), pour donner une image il s’agit de rechercher un morceau de sucre dans une piscine olympique, tant dans les produits cosmétiques que dans l’environnement. Des techniques chromatographiques (liquides ou gazeuses) couplées à des systèmes de détection très performants, des spectromètres de masse, sont nécessaires. La chromatographie permet d’isoler les constituants d’intérêts dans un mélange et le spectromètre de masse de mesurer leur concentration.

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Quelle est l’évolution de la qualité des cosmétiques en général ?

Les ingrédients autorisés dans leur composition sont encadrés par le règlement « cosmétique » (Règlement (CE) n°1223/2009). Les évolutions sont souvent liées à des changements dans la réglementation avec l’acquisition de nouvelles connaissances sur la dangerosité de certains constituants qui conduisent à leur interdiction. Parfois, il s’agit de réponses à des alertes relayées par les medias comme ce fut le cas pour les parabènes suite à un numéro d’Envoyé Spécial en 2005.

La conséquence a été le développement de produits sans parabènes et l’essor de gamme Bio pour « rassurer » les consommateurs.

Le projet Cosmet’eau  « Changements de pratiques pour les produits cosmétiques : des lanceurs d’alerte aux impacts sur les milieux aquatiques » relate cette alerte et ses conséquences.

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Où trouver les informations sur la qualité des cosmétiques ?

Il existe plusieurs façons d’accéder à des informations sur les produits cosmétiques. Sur internet, les sites Le flacon et La vérité sur les cosmétiques , L’observatoire des cométiques fournissent des informations sur la composition des produits cosmétiques. On peut réaliser ses recherches soit par le nom de l’un des ingrédients, soit par le nom commercial d’un produit.

Il existe aussi également des applications pour téléphone mobile. QuelCosmetic, proposée par UFC-Que Choisir, permet en scannant le code barre de n'importe quel produit cosmétique, d’accéder à la liste complète des ingrédients (les indésirables apparaissant en rouge) ainsi qu'une « note de dangerosité » par catégorie de personnes (enfants, femmes enceintes...).

Le site The Conversation , un media en ligne collaboratif, publie régulièrement des articles sur les produits cosmétiques comme, par exemple, « Les cosmétiques biologiques, est-ce vraiment mieux pour la santé ? » ou encore « Allégations cosmétiques : il faut faire le ménage ! ».

Enfin, des sites institutionnels abordent la qualité des produits cosmétiques comme celui de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé. La plupart de ces sites traite de l’aspect sanitaire des produits cosmétiques. Pour obtenir des informations en lien avec l’impact environnemental de certains de leurs constituants, il faut se référer à des travaux de recherche comme ceux accessibles sur le site de l’Office Français de la Biodiversité ou sur le site du Ministère de la Transition Écologique et Solidaire.

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Quels conseils aux Parisien.ne.s ?

Aujourd’hui, pour ne citer qu’un constituant, les produits contenant de la méthylisothiazolinone sont à proscrire, car cette molécule est allergène.

Il existe de nombreux sites ou initiatives qui proposent de fabriquer soi-même ses produits cosmétiques, c’est une tendance qui se développe. Il faut garder à l’esprit que ces produits doivent être utilisés rapidement car ils ne contiennent pas de conservateurs.

Ils agissent
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