Mars 2016

#39 - La cuisine, une micro-ferme ?

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A quoi ressemblera notre cuisine dans quelques années ? De quels équipements sera t'elle composée et nous permettra t-elle une meilleure autonomie ? Dans cette pièce plus qu'ailleurs, il nous faut repenser nos modes de consommation, innover et rêver.

Tenir compte du recyclage, des économies d’énergie, des matériaux non polluants et envisager qu’elle devienne un lieu de production, c'est le pari que certains se sont lancé pour imaginer la cuisine du futur ! La cuisine, lieu de vie par excellence et pièce incontournable de nos logis, sera certainement l'illustration concrète de l'évolution des mentalités vers un mode de vie plus écologique.

En vidéo ce mois-ci, la Boite à Champignons  pour lancer de chez vous, votre propre récolte de pleurotes tout en recyclant votre marc de café.

Parole d’expert

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Faltazi
Victor Massip et Laurent Lebot sont designers. Leur engagement écologique et citoyen, leur aspiration réelle au développement d’un monde soutenable, combinés à leur expérience de la pratique industrielle font tout l’intérêt et la singularité de leur démarche. Ils produisent des projets prospectifs tels que Monsieur Faltazi, la cuisine Ekokook ou plus récemment le projet «Les Ekovores».
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Avec le projet Ekokook, vous proposez une nouvelle façon de concevoir la cuisine. Pouvez-vous revenir sur les grands principes de ce modèle ?

Pour comprendre les principes qui nous ont servi de guide pour cette cuisine, il nous faut faire un détour, tout d'abord, sur la genèse du projet.

Le Via (Valorisation de l'Innovation dans l'Ameublement) nous a offert une carte blanche en 2010, avec pour simple demande : créez un mobilier répondant à des problématiques environnementales.

Après plusieurs recherches autour de la question de l'écoconception du mobilier, il nous a paru clair qu'il fallait créer un dispositif domestique pour faciliter le geste de recyclage.  http://www.ekokook.com/ 

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Pourquoi avoir choisi la cuisine comme terrain d’expérimentation ? Sa place dans la maison a-t-elle évolué ?

Nous avons identifié que c'était dans la cuisine que l'on produisait le plus de déchets.

La cuisine est un lieu central dans la maison. C'est un lieu particulièrement équipé, pour la préparation du repas, le stockage des denrées, mais qui est, encore, trop peu abouti pour recycler les matériaux d'emballage ou pour éviter l'emploi de ces emballages.

Ainsi, le projet a consisté à proposer une cuisine "idéale", dotée de fonctions qui, à nos yeux, sont pertinentes du point de vue écologique : table de tri et micro-usines permettant le compactage et stockage des matériaux, unités de stockage des légumineuses achetées en vrac, réfrigérateur à tiroirs pour éviter de perdre le froid, dispositif pour collecter l'eau de lavage des légumes, lombricomposteur, etc..

 Avec les 3 micro-usines intégrées d’Ekokook, nous avons beaucoup travaillé sur la réduction des déchets, de la consommation d’eau et nous avons proposé de produire des plantes aromatiques dans certains éléments suspendus.

Une manière d'illustrer le circuit court in situ !

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D’une façon plus générale, la fonction d’habiter a évolué au fil du temps : simple abri à l’origine, puis lieu social avec l’apparition du salon et aujourd’hui terrain de loisir. Et demain, habiter sera-t-il également synonyme de produire ?  

Produire en appartement est un peu illusoire. Pour obtenir des aliments gustatifs, nutritifs et avec de bonnes caractéristiques organoléptiques, il est préférable de produire sur de vrais sols.

Nous avons traité de cette question dans le projet "Les Ekovores" (http://www.ekovore.com/) qui a suivi Ekokook.

En imaginant un système circulaire "urbagricole" pour l'alimentation des villes, sans pétrole.

L'autosuffisance alimentaire des villes moyennes peut être réalisée à l'échelle de la ceinture aliment-terre des villes. Penser l'autosuffisance, signifie que notre modèle agricole s'affranchisse de la dépendance  au pétrole.

Sur ce point, les techniques hors-sols, comme vous le suggérez, en appartement, ont recours à des intrants NPK (azote, phosphore, potassium) qui ne résolvent pas la question de la dépendance.

Par contre, l'installation de micro-fermes maraîchères, en permaculture (sur le modèle de celle du Bec Hellouin) peut offrir des produits frais locaux, de saison et de l'emploi local, tout en garantissant des rendements, une production saine et qualitative.

Ils agissent
Comme eux, nous pouvons tous être Acteurs du Paris durable par nos actions qu'elles soient modestes ou plus importantes !