Décembre 2014

#25 - Mode Ethique

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En décembre, les Acteurs du Paris durable mettent à l’honneur la mode éthique. Découvrez l’interview de Annick Jehanne dirigeante du Business Fashion Forum et le portrait d’Arielle Levy co-fondatrice de l'Herbe Rouge.

La mode éthique désigne des produits fabriqués et distribués dans le respect de l'environnement et/ou des populations locales. Les produits sont généralement travaillés à partir de matières biologiques, recyclées ou naturelles afin de réduire leur impact sur l’environnement. Ils peuvent également être produits selon les règles du commerce équitable en assurant aux producteurs comme aux distributeurs une rémunération juste. Maintenant c’est à vous ! Participez à cette démarche qui contribue à rendre votre ville plus solidaire et plus respectueuse des ressources naturelles.

En vidéo ce mois-ci, l'Herbe Rouge, une marque de vêtements éthiques et haut de gamme crées à partir de matières recyclées et à faible impact environnementale. Découvrez son équipe de créateurs, spécialistes en eco-design ainsi que la boutique lumineuse du Viaduc des Arts, située juste sous la promenade plantée.

Parole d’expert

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Annick Jehanne
Diplômée de l’Institut Européen des Affaires Annick Jehanne a construit son parcours professionnel dans le domaine de la mode. Aujourd’hui, elle dirige notamment le Business Fashion Forum, un club de dirigeants du textile qui se réunissent pour faire avancer la mode et le textile vers plus d’initiatives en faveur du développement durable. Elle a répondu à nos questions.
1
Quelles sont les valeurs que vous défendez dans la mode éthique ?

Je reste persuadée qu’il faut replacer l’humain en avant. L’environnement n’est qu’une partie des enjeux à régler. La mode éthique s’intéresse avant tout aux conditions de travail des producteurs, à leur santé et leur bien être ainsi qu’à la pérennité des savoir-faire locaux.

2
La mode que l’on pourrait croire symbole de futilité prend donc avec la mode éthique une toute autre direction. Pensez-vous que ce message soit lisible et compris par tou(te)s ?

Effectivement ce message est difficilement lisible. Cependant, il y a de l’espoir puisque  les enquêtes de l’Institut français de la mode montrent que 30% de la population désire comprendre et avoir accès à une offre plus lisible. Les consommateurs souhaitent donc être acteurs de leurs achats mais ne savent pas  forcément décrypter les étiquettes, par  manque d’informations et une absence de visibilité et de compréhension des labels. Par exemple : la loi n’oblige pas à noter sur l’étiquette d’un vêtement son pays d’origine. La demande existe et la législation doit évoluer en ce sens.

3
La mode éthique a longtemps été cantonnée dans une démarche marginale. Aujourd’hui sentez-vous un changement dans les mécaniques d’achat des Parisien(ne)s ?

Le secteur de la mode éthique peine à se développer, même à Paris. Très peu de professionnels de la mode et du textile ont une démarche pédagogique. Nous sommes en retard par rapport aux pays du nord. En France, la grande distribution textile n’a pas entrepris ce travail de sensibilisation, n’y trouvant pas son intérêt, et les « petits » acteurs ont du mal à consacrer  du temps et de l’argent dans des actions de sensibilisation. Par contre, le luxe est en train de prendre le leadership sur cette question. Par exemple, le groupe  KERING, leader mondial de la mode regroupant plusieurs grandes marques, affirme « en 2020 : je veux être équitable ! ».

4
Comment les consommateurs peuvent-ils être assurés d’acheter un vêtement éthique ? Quels critères privilégier ?

Malheureusement, le prix d’un vêtement n’indique pas s’il est éthique, non toxique ou/et bio.

Le référentiel sur le textile biologique GOTS est la référence mondiale en termes d'évaluation des fibres biologiques, intégrant les aspects sociaux et écologiques, reposant sur une certification indépendante de toute la chaine d'approvisionnement. Néanmoins, pour connaitre ce référentiel, le consommateur doit se transformer en acteur-journaliste, déchiffrer les étiquettes, s’informer.

Heureusement,  je suis optimiste,  le consommateur est de moins en moins dupe et ce phénomène devrait s’amplifier dans les années à venir.

Pour y voir plus clair, l’ADEME propose une enquête sur ce sujet.

5
Quels sont vos projets « mode éthique » sur Paris ?

En 2015, je me consacrerai beaucoup au lancement de ma jeune entreprise de formation HubMode.

J’ai également le projet d’organiser mensuellement des conférences auprès des élèves des écoles de mode parisiennes pour former et sensibiliser ces futurs professionnels au développement durable et à l’éthique dans la mode.

Changer son mode de production n’est pas impossible, même si cette démarche nécessite un effort de départ. Sortir de sa zone de confort n’est pas facile, mais si quelque chose est mis en place pour influencer la motivation des salariés des grands groupes du textile alors il devient plus facile pour l’entreprise avec ses salariés d’entrer dans une démarche de production tournée essentiellement vers le développement durable.

Ils agissent
Comme eux, nous pouvons tous être Acteurs du Paris durable par nos actions qu'elles soient modestes ou plus importantes !