Végétaliser sa toiture

Végétaliser sa toiture

Est-il possible, à partir d'un bloc de béton, de faire le bonheur de ses voisins et d'héberger la faune du quartier ? Tentez de réaliser une toiture végétalisée, vous verrez !
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Brève définition

Végétaliser son toit ou sa dalle, c’est une jolie façon d’isoler son habitation tout en favorisant la biodiversité en ville et en minimisant l'effet "îlot de chaleur" en été. Pour que ce lieu végétalisé devienne "zone de refuge" pour la faune, il faut choisir principalement des plantes sauvages.

À vous de jouer

Organiser

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Se renseigner auprès de professionnels du bâtiment et des métiers du végétal (architecte, paysagiste, bureau d’étude), sur les caractéristiques techniques de votre bâtiment.

 

Cela vous permettra de définir votre projet : type de couverture, matériaux, charge admissible et la sécurisation de la zone. Pour toute aide, consulter le Bureau Accueil et Service à l’Usager (BASU), au 01 42 76 29 20 - uniquement sur rendez-vous du lundi au vendredi de 9h00 à 12h30.

La végétalisation d’une toiture suppose que sa configuration le permette. Trois éléments déterminent la capacité du support à recevoir un complexe végétal :

•    Les caractéristiques de la toiture : type de couverture, matériaux, pente, profil, garde-corps si-tués en bordure de toitures-terrasses, charge et surcharge admissibles par le bâtiment.

•    L’accessibilité à la toiture et la mise en place d’équipements relatifs à la protection des personnes, y compris si la toiture est en catégorie dite inaccessible.

•    La mise en œuvre d’une étanchéité conforme respectant les règles techniques en vigueur et les équipements obligatoires (membrane anti-racine, relevés, orifices d’évacuation des eaux pluviales, etc.).

2
Identifier les conditions microclimatiques du milieu (ensoleillé, ombragé venté ou non), afin de choisir des espèces végétales les plus adaptées. Et même, si possible, locales.

 

Selon les caractéristiques du bâtiment, il existe différentes possibilités de végétalisation :

•    Toiture extensive : végétation basse, résistante. Faible charge induite, épaisseur de substrat 8-10cm, entretien et besoin en eau faibles.

•    Toiture semi-naturelle : végétation de type « prairie », favorable à la biodiversité. Charge in-duite assez faible, avec épaisseur de substrat de 10 à 30cm. Entretien et besoin en eau relativement faibles, gestion écologique.

•    Toiture semi-intensive : végétation diversifiée type prairies et végétation fleurie. Charge induite moyenne, épaisseur de substrat de 10 à 30 cm. Entretien et besoin en eau moyens, nécessitant un entretien mixte d’espaces gérés et plus libres

•    Toiture intensive : végétation diversifiée type jardin, avec arbustes et arbres si les épaisseurs de substrat le permettent. Charge induite importante, épaisseur de substrat de 30cm et plus. Entretien et besoin en eau forts, espace jardiné, soigné.

3
Demander les autorisations : vous devez déclarer au préalable vos travaux.

 

Le dossier en 3 exemplaires doit comporter :

•    le formulaire Cerfa "déclaration préalable" (à télécharger sur le site du service public).
•    un plan de situation et un plan de masse.
•    un descriptif des travaux.
•    un (des) croquis coté(s) et coupe(s).
•    l'insertion du projet dans l'environnement.
•    des photos couleur de près et de loin.

Il est conseillé de joindre le questionnaire Suivi environnemental du bâti parisien - Construction ou le questionnaire Suivi environnemental du bâti parisien - Réhabilitation.

À noter que si vos travaux sont sur une façade inscrite au titre des monuments historiques (I.S.M.H.) ou si les travaux sont accompagnés d’un changement de destination, il vous faudra constituer une demande de permis de construire.

Toutes les informations sont disponibles sur le site de Paris.fr.

Motiver

  • Mettre en avant auprès de vos voisins les arguments écologiques et climatiques : plus de vert en ville, une manière d’agir pour la biodiversité en créant des refuges pour les animaux, plus de fraîcheur en ville et pourquoi pas, proposer un projet de potager !
  • Montrez des photos d’autres toitures végétalisées pour motiver autour du projet : le « vert » c'est plus joli que le béton !
     

Financer

Il existe aux niveaux national, régional et municipal des possibilités de subventions et des démarches à remplir :

•    Le programme Éco-rénovons Paris et son Plan 1000 immeubles afin d’encourager la rénovation énergétique des immeubles parisiens. Éco-rénovons Paris aide à financer les travaux d’amélioration thermique et environnementale, en fonction du gain énergétique de votre projet et de la situation sociale de votre copropriété : elle ne peut pas dépasser 30% dans la limite d’un plafond de travaux fixé à 25 000€ hors taxes par logement. Si votre projet participe de la diminution de l’ilot de chaleur urbain, il pourra acquérir une subvention supplémentaire de 15% plafonnée à 300€ par m² végétalisé.

•    Aides du Conseil régional d’Ile-de-France pour les collectivités et les institutions : les toitures-terrasses végétalisées sont éligibles aux aides de la Région à hauteur de 50% pour les communes très carencées ou en contrat vert, et à 40% pour les autres territoires et ce, dans la limite de 500 000€ par projet. Un dossier de subvention peut être téléchargé sur le site Internet de la Région Île-de-France.

•    Aides spécifiques sur Paris.fr.

 

Les astuces

•    Assurez-vous que vous n’introduisez pas de plantes trop envahissantes, ni de plantes invasives qui concurrenceraient trop fortement les autres espèces en place et qui perturberaient les équi-libres biologiques.

•    Suivez l’évolution de la végétation, particulièrement les deux premières années (période de confortement), le temps que les végétaux s’enracinent. Il pourra être nécessaire d’installer un arrosage intégré (tuyaux microporeux).

•    Intégrez des aménagements favorables à la nidification, l’hivernage et l’observation d’animaux sauvages : nichoirs à oiseaux et abris à insectes auprès de la Maison Paris Nature.
 

 

Vigilance

  • Une toiture végétalisée nécessite d’effectuer tous les ans un contrôle des évacuations d’eaux fluviales, de l’étanchéité et des couches drainantes.
  • En fonction des techniques employées et du type de végétalisation qui en découle, l’entretien ira d’une intervention par an (retrait des plantes ligneuses) à un entretien régulier (taille, tonte, arrosage, etc.).

Pensez à rendre le toit accessible à tous et conviez vos voisins pour l’entretien du toit et des éventuelles plantations afin de créer un esprit de groupe !

Outils et infos pratiques

 

Lieux de renseignement

  • La Maison du Jardinage (Agence d’écologie urbaine, Direction des Espaces Verts et de l’Environnement, Mairie de Paris) conseille et donne des astuces pour jardiner en ville à peu de frais.
  • Pour toute aide, consulter le Bureau Accueil et Service à l’Usager (BASU), au 01 42 76 29 20 - uniquement sur rendez-vous du lundi au vendredi de 9h00 à 12h30.

 

Guides et études

 

Sites Internet et liens utiles

 

Vidéo
 

 

Fiche révisée le : 05/02/2021    par : Ville de Paris

Le saviez-vous ?

Petite histoire parisienne

  • Le phénomène d’îlot de chaleur est un microclimat courant en ville. Il se concrétise par une chaleur plus importante la nuit en ville comparé aux campagnes alentours. Cette chaleur urbaine aggrave les conséquences des canicules : effets sur la santé, conséquences socio-économiques… Une toiture végétalisée contribue à lutter contre ce phénomène grâce à la présence de plantes sur les toits. En effet, les plantes ne captent pas la chaleur comme le feraient des matériaux inertes (béton, brique, zinc…). Au contraire, grâce au phénomène d’évapotranspiration, la présence de plantes permet de rafraîchir l’air ambiant. Les toitures végétalisées constituent par ailleurs une très bonne isolation contre les écarts de température et le bruit à l’intérieur des bâtiments.
  • Un toit végétal peut absorber jusqu'à 50% de la quantité d'eau tombant sur les toits limitant les débordements du réseau de collecte lors des orages, limitant ainsi le risque d’inondation sur la voie publique.
  • Le milieu urbain est principalement composé de surfaces lisses et vitrées qui offrent peu d’espace aux espèces sauvages pour nidifier ou se reproduire. Aménager une toiture végétalisée, privilégiant les plantes régionales qui offrent davantage de services à la faune locale, permet ainsi d’aider à la construction d’une «trame verte», mesure phare du Grenelle de l’environnement, qui vise à recréer ces corridors naturels nécessaires à la protection de la biodiversité.

Quelques chiffres clés

  • À Paris, 44 hectares de toitures végétalisées ont été réalisés depuis 2005,  soit 1,4 % des espaces verts de la ville (source APUR).
  • La végétalisation d’une toiture augmente de 10 ans en moyenne la durée de vie de l’étanchéité du bâtiment.
  • La Mairie de Paris souhaite étendre la surface de végétalisation des bâtiments à "150 hectares de toitures et de façades végétalisées", d'ici 2026.
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