Végétaliser sa façade

Végétaliser sa façade

Après l'ère du béton qui a envahi les villes, créant des îlots de chaleur et nuisant à la biodiversité, place à un bon coup de peinture en végétalisant les façades : le vert est la couleur de notre siècle.
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Après l'ère du béton qui a envahi les villes, créant des îlots de chaleur et nuisant à la biodiversité, place à un bon coup de peinture en végétalisant les façades  !

La végétalisation des façades est une façon de renforcer la biodiversité sur le bâti en créant un espace propice au nourrissage, à la nidification et au refuge d’un grand nombre d’espèces animales. La végétation permet de mieux réguler la chaleur en ville et l’isolation du bâtiment. Cela habille aussi esthétiquement votre immeuble.

 

À vous de jouer

1. Choisir le type de mur et les végétaux adaptés

Vous pouvez installer une végétalisation verticale sur tout type de mur : façade d’immeuble sur rue ou sur cour, mur d’enceinte ou de clôture ou encore grillage.

  • 2 options sont possibles : une végétalisation en pleine terre (ou dans des bacs) de types plantes grimpantes ou une végétalisation suspendue (dans ce cas, les plantes ne prennent pas racines dans le sol, mais poussent directement sur un substrat couvrant toute la surface du mur).
  • Identifiez les conditions climatiques du milieu (ensoleillé, ombragé, venté ou non, etc.) pour choisir les espèces végétales les mieux adaptées.
  • Faites un état des lieux du mur ou de la surface à végétaliser.
  • Orientez-vous plutôt vers des espèces persistantes ou semi persistantes régionales, qui offrent un couvert végétal toute ou partie de l’année comme le lierre (Hedera helix), le chèvrefeuille (Lonicera sp.). Il ne faut pas pour autant exclure d’autres espèces caduques régionales ou exotiques qui peuvent offrir gîte et couvert du printemps à l'automne telles que :
    • le houblon (Humulus lupulus)
    • la Vigne-vierge (Ampelopsis sp. Parthenocissus sp.)
    • le Jasmin étoilé (Trachelospermum jasminoides)
    • la Passiflore (Passiflora sp.)
    • la Renouée grimpante (Fallopia baldschuanica)
  • Si l’espace disponible est petit, on pourra palisser des plantes grimpantes annuelles (pois de senteur, ipomées, haricots décoratifs, etc.).
  • Si la surface du mur s’y prête (attention au descellement), certaines micros fissures peuvent accueillir des espèces telles la centranthe rouge, la giroflée ou certaines fougères.
  • Il est parfois possible de végétaliser un mur à partir du haut avec des plantes retombantes ou à partir des fenêtres et balcons.

 

2. Démarches administratives pour obtenir l’accord

  • Dans le cas d’un bâti privé : assurez-vous de l’autorisation du propriétaire du mur ou des copropriétaires. S’il s’agit d’un mur de façade, il vous faudra réaliser une déclaration préalable de travaux. S’il s’agit d’une grille, aucune autorisation d’urbanisme n’est à obtenir.
  •  Si votre mur se trouve côté rue, sur la voie publique, la Mairie de Paris encourage les initiatives citoyennes avec le «Permis de végétaliser ».  Vous serez accompagné et ferez partie d’une communauté de Parisiens partageant votre désir de verdir Paris.

 

3. Étude de la faisabilité

Il faut vérifier l’état du mur et connaître les matériaux utilisés. Diagnostiquer l’état du sol qui va accueillir les plantes grimpantes est essentiel : un sol de mauvaise qualité (constitué de gravats) nécessitera le changement d’un certain volume de terre ; une profondeur de pleine terre insuffisante pour le développement du système racinaire nécessitera la pose de jardinières ou de bacs.

 

4. Entretien sur le long terme 

  • Un suivi régulier de la structure et du développement des plantes doit être mis en place, avec les engins appropriés (nacelles), afin de ne pas laisser les plantes envahir les gouttières ou les toits.
  • Il faut arroser régulièrement et veiller à l’entretien du mur végétalisé, afin d’éviter la chute des plantes et une détérioration du mur. Il est important de tailler au moins une fois par an.

 

Motiver

  • Mettez en avant les arguments écologiques et climatiques : augmenter la présence de nature et de végétaux en ville, création de lieux favorables à la faune sauvage, meilleure régulation thermique du bâtiment et le caractère esthétique ! Pour les amateurs de petites bêtes, la mise en place de nichoirs à oiseaux, à chauve-souris et de gîtes à insectes sur les murs végétalisés permettra de les attirer plus rapidement. 
  • Rejoignez la communauté « Végétalisons Paris » afin de s’inspirer des autres façades végétalisées, de rejoindre des projets et de s’entraider entre Parisiens souhaitant œuvrer pour davantage de nature en ville !

 

Financer

  • Un mur végétalisé de type plantes grimpantes coutera 100€/m2 au minimum, alors qu’il faudra compter entre 300 et 1500€/m2 pour la réalisation d’une végétalisation suspendue. Si la location d'une nacelle pour travaux en hauteur est nécessaire pour l’entretien, c'est un budget à anticiper.
  • Si vous souhaitez avoir plus de renseignements, et éventuellement vous faire accompagner, adressez-vous à la Maison du Jardinage.

 

Les astuces

 

Les clés du succès

  • Intégrez l’ensemble des occupants du bâtiment à la démarche : présentez-leur le projet, et ses objectifs, si possible de manière ludique
  • Mettez en place un arrosage intégré (tuyaux microporeux) si nécessaire.
  • Suivez avec attention la plantation, particulièrement la première année le temps que les végétaux s’enracinent.

 

Vigilance

  • Contrôlez dans le temps la structure porteuse (treillis en fer ou autres treillages, câbles métalliques, etc.).
  • Optez pour des plantes autochtones et non-allergènes.
  • Entretenez régulièrement la végétation : les plantes grimpantes nécessitent d’être taillées régulièrement afin de ne pas atteindre la toiture, au risque de déplacer les tuiles et de boucher les gouttières, et ainsi de réduire l’évacuation des eaux pluviales.

Le saviez-vous ?

Petite histoire parisienne

Le phénomène d’îlot de chaleur est un microclimat courant en ville. Il se concrétise par une chaleur plus importante la nuit en ville comparé aux campagnes alentours. Cette chaleur urbaine aggrave les conséquences des canicules : effets sur la santé, conséquences socio-économiques… Une façade végétalisée contribue à lutter contre ce phénomène grâce à la présence de plantes. En effet, les plantes ne captent pas la chaleur comme le feraient des matériaux inertes (béton, brique, zinc…). Au contraire, grâce au phénomène d’évapotranspiration, la présence de plantes permet de rafraîchir l’air ambiant. Grâce aux plantes et bactéries, les façades végétalisées permettent de diminuer la teneur de l’air en composés organiques volatils (benzène, acétone, perchloroéthylène, etc.).

  • Les façades végétalisées permettent de compléter les réseaux d’espaces verts à Paris, et s’insèrent dans le l’objectif de constitution de « trame verte » du Plan Biodiversité de la Mairie de Paris, afin de permettre à la biodiversité de circuler !

 

Outils et infos pratiques

 

Lieux de renseignement

  • La Maison du Jardinage (Agence d’écologie urbaine, Direction des Espaces Verts et de l’Environnement, Mairie de Paris) conseille et donne des astuces pour jardiner en ville à peu de frais.
  • Pôle Accueil et Service à l’Usager (PASU)

 

Ressources

 

Vidéo

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