S'habiller éthique

S'habiller éthique

Envie de changer de look en s’habillant chic et équitable ? Alors habillez-vous éthique !
38 fiches pratiques pour passer à l’action à Paris  avec les obstacles  à éviter et les clés du succès : à vous de jouer !   
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Brève définition

S’habiller éthique : c’est acheter des vêtements et accessoires issus du commerce équitable, fabriqués à partir de fibres naturelles, biologiques ou conçus à partir de vêtements recyclés. Ils sont fabriqués de manière plus écologique, génèrent moins de déchets et sont plus respectueux des personnels impliqués. C'est donc une mode socialement et environnementalement responsable !

À vous de jouer

100 milliards de vêtements sont produits chaque année dans le monde, dont les ¾ finissent à la poubelle : le terme évoqué "vêtement jetable", si ce n’est pas leur qualité qui fait défaut, c’est leur style, “passé de mode” au bout de quelques mois seulement. La suite logique est la surproduction et la surconsommation. Alors, exit les produits chimiques toxiques, les matières polluantes, les salaires indécents et les usines qui s’effondrent. La mode éthique fabrique des vêtements bio, naturels et recyclés, avec le respect des hommes et de l’environnement au cœur de leur développement. La mode éthique c'est donc avant tout un rythme de production lent (autour de 4 collections par an), qui permet d'éviter la surproduction inutile et le gaspillage. S’habiller éco-responsable est une démarche globale, dont l’essentiel n’est pas de trouver LA solution idéale à impact zéro sur l'environnement ! La mode est une industrie qui fait des dégâts, et le plus important, c’est de s’informer, pour faire en sorte que nos achats soutiennent des initiatives jugées positives, au meilleur de notre connaissance. Alors, passez à l'action et habillez-vous éthique !

1
Acheter en faisant des choix réfléchis
  • ne pas acheter sur un coup de tête, posez-vous la question : « En ai-je vraiment besoin ? Vais-je le porter ? », apprendre à avoir une garde-robe plus responsable et minimaliste ;
  • acheter des vêtements adaptés à sa morphologie ;
  • acheter en seconde main : le vêtement le plus éthique qui soit est celui qu’on ne produira pas ;
  • penser à l'impact de la fabrication des vêtements sur l'environnement, l'industrie textile est très polluante.
2
Penser à la réparation, à la retouche et au relooking
  • repenser les habits oubliés des placards en les relookant, upcyclant avec des boutons, du tissu, du fil trouvés au fond des tiroirs, ou en modifiant la coupe d'un vêtement qui ne plaît plus.
3
Identifier les circuits spécifiques à la mode éthique : vente en ligne, boutiques de créateurs, enseignes spécialisées ou multimarques dédiées
  • privilégier les circuits-courts et opter pour des vêtements "Made In Local" qui est généralement du "Made In France", mais face aux difficultés à trouver tous les fournisseurs adéquats dans l’hexagone, il se transforme parfois en "Made In Europe".
4
Identifier les circuits spécifiques à la réutilisation des vêtements : troc, friperie, dépôt-vente
  • éliminer ses vêtements par le don, le recyclage ou même l'échange pour ne pas passer par la case poubelle et donc créer des déchets ;
  • surveiller les braderies solidaires.
5
Observer bien les étiquettes de vos vêtements afin de préserver santé et environnement
  • opter pour des textiles issus de fibres naturelles comme le lin, chanvre, bambou, hêtre (modal), eucalyptus (lyocell), de fibres biologiques ou de fibres animales (laine, soie) qui sont souvent synonymes de plus grand confort thermique. La mode éthique est également synonyme de vêtements à base de fibres recyclées, économie circulaire oblige ;
  • choisir des textiles éco-labellisés (Max Havelaar, Ecocert, Oeko Tex, ou Global Organic Textile Standard (GOTS). Le label GOTS interdit par exemple l'utilisation de colorants azoïques, phtalates et autres produits toxiques, ainsi que de certains procédés nocifs comme le sablage utilisé pour délaver les jeans. Attention en revanche à certains labels très utilisés par les industriels apparus récemment tel que Better Cotton Initiative (BCI) qui est très facile à obtenir, moins exigeant et ne signifie pas que votre vêtement est en coton biologique ;
  • préférer les procédés de culture et de traitement du coton issu de l’agriculture biologique, plus respectueux des milieux et des personnes concernées ;
  • opter pour des teintures naturelles ou non toxiques.
6
Entretenir les vêtements de façon plus écologique
  • ne pas laver automatiquement un vêtement porté une fois : beaucoup de vêtements peuvent se porter plusieurs fois avant d’être lavés, comme les jeans ou pulls en laine (à savoir que le cycle lavage-séchage-repassage représente près de 40 % de l’impact environnemental d’un T-shirt !) ;
  • privilégier les lessives éco-responsables sans produits nocifs, des labels existent pour permettre de faire le bon choix, tel que Ecocert qui détient deux niveaux de certification. Des petites recettes à base de bicarbonate existent pour détacher vos habits ;
  • laver ses vêtements à l'envers et à basse température ;
  • sécher ses vêtements à l'air libre, le repassage n'est pas toujours indispensable !

Motiver

  • Placez le respect des travailleurs et de l’environnement au centre de vos préoccupations pour vous habiller.
  • Avec quelques pièces ou en montrant des vidéos de défilés de mode équitable, prouvez que mode et éthique ne sont pas dissociées.
  • Soulignez les arguments médicaux (limitation des allergies) et éthiques (soutien des producteurs du Sud).
  • Pratiquez la vente ou le don à des associations telles que Emmaüs par exemple, vous ferez des heureux et vous gagnerez de la place dans vos armoires.
  • Troquez vos vêtements ou échangez-les en ayant recours à des friperies ou en organisant des ventes chez vous : cela favorise les discussions et les rencontres.

Financer

  • Alternez achats/ventes en friperie et achats de textiles durables.
  • Fréquentez les événements et ventes privées dédiés à la mode éthique où les prix sont plus abordables ou plus facilement négociables.
  • Faire du troc permet de trier et d’économiser pour investir ensuite dans des textiles durables. Troquer ne coûte rien, lutte contre le gaspillage et encourage le recyclage !

Outils et infos pratiques

Lieux de renseignement

  • Le salon Ethical Fashion Show : des créateur.rice.s internationaux.les se réunissent pour promouvoir la réduction de l’impact environnemental de la production textile et l’équité sociale à travers la mode.
  • Boutique Front de Mode, concept-store-laboratoire réunissant 50 créateur.rice.s adeptes du développement durable à Paris.
  • La ferme de Paris (Agence d'écologie urbaine - Direction des Espaces Verts et de l'Environnement) : pour découvrir la culture du lin et du chanvre.

Guides et documents utiles

Sites Internet

 

Fiche révisée le : 10/02/2021    par : Ville de Paris

Le saviez-vous ?

Les clés du succès

  • Mieux comprendre les procédés de fabrication ou l’origine du textile peut permettre de lever les freins liés au prix d’un vêtement durable. Collectif éthique sur l'étiquette
  • Organisez des actions de sensibilisation autour de la mode éthique et durable.
  • Identifiez bien les points de vente.
  • Renseignez-vous sur l’histoire des marques, le parcours du produit, etc. Cela crée un attachement au produit et lui donne plus de valeur.

Vigilance

  • « Créateur » ne rime pas forcément avec éthique ou durable.
  • Le troc n’offre aucune garantie sur la durée de vie du produit.

Le contexte, les enjeux

  • La production intensive de vêtements monopolise des kilomètres de champs de coton : par exemple, 35 m2 de champ de coton sont nécessaires pour un T-shirt. Or, la culture du coton a un impact très important sur les ressources de la planète et le coton subit une succession de traitements chimiques nocifs après avoir été récolté, filé et tissé (Source : www.mescoursespourlaplanete.com). Cette culture :
  1. consomme 25% des pesticides mondiaux avec des impacts tant sur l'environnement que sur la santé des agriculteurs ;
  2. est la 3e culture en OGM (70% du coton américain provient de plants génétiquement modifiés) ;
  3. est le 3e consommateur d’eau d’irrigation de la planète, après le riz et le blé.
  • On trouve par ailleurs de plus en plus de matières synthétiques dans les textiles. Or, le nylon met 40 ans pour se dégrader, soit 80 fois plus longtemps que le coton et à peu près 10 fois plus que la laine.
  • L’industrie textile est fortement concentrée en Asie (Bangladesh, Inde, Turquie, Chine, etc.). Dans ce secteur, la main d’œuvre est majoritairement féminine, les conditions de travail précaires et les rémunérations très faibles. Au Bangladesh, le salaire moyen d’un ouvrier du textile est de 83 €, soit à peine 30 % du minimum vital.
  •  Acheter un vêtement fabriqué en coton équitable donne la possibilité aux artisans des pays du Sud d’être mieux rémunérés pour leurs produits, et de conserver le savoir-faire traditionnel en même temps que leur emploi.
  • La Fondation Ellen MacArthur, par son programme « Circular Fibres Initiative » (lancé au mois de Mai 2017 et qui défend le modèle d’économie circulaire comme le futur modèle économique de l’industrie du vêtement), a dévoilé un rapport intitulé "A new textiles economy : Redisigning fashion’s future" qui décrit la démarche pour refondre l’économie linéaire textile en une économie circulaire textile.
  • En avril 2018, le gouvernement français a présenté son programme pour le développement de l’économie circulaire. Ce dernier stipule que plus aucun invendu de la filière textile, en France, ne sera jeté ou invendu d’ici 2019. Cette déclaration d’intention fait suite à la demande de l’association Emmaüs qui souhaite  appliquer les principes de la loi contre le gaspillage alimentaire, adoptée en 2016, au secteur textile. L’objectif est d’interdire aux marques de jeter leurs vêtements invendus et de les obliger à nouer des partenariats avec des associations.
  • La mode de demain sera éthique, durable, circulaire, "sustainable". En un mot: responsable. En 2018, 48 marques et grands groupes signaient la Charte de l'industrie de la mode pour l'action climatique sous l'égide des Nations unies, se disant prêts à unir leurs forces pour réduire de 30 % l'émission de gaz à effet de serre de l'industrie d'ici à 2030.

Quelques chiffres clés

  • Un T-shirt en coton = 2700 litres d’eau, soit 70 douches.
  • Un jean = 65 000 km parcourus en moyennes, soit 1,5 fois le tour de la Terre.
  • Le lavage ménager des vêtements rejette annuellement un 1/2 million de tonnes de micro-fibres plastiques dans les océans, ce qui représente l’équivalent de 50 milliards de bouteilles plastiques.
  • Chaque seconde, l’équivalent d’un camion de déchets vestimentaires est brûlé ou tout simplement enfoui.
  • La perte financière annuelle due aux vêtements jetés mais à peine portés et rarement recyclés est estimée à 500 milliards de dollars.
  • Près de 4000 colorants chimiques utilisés pour la teinture et l’impression.
  • En 2015, les ménages français dépensent environ 1230 € par an et par foyer pour se vêtir (Source : INSEE)
  • La filière des Textiles, Linge de maison et Chaussures (TLC) a pour objectifs de doubler le volume de TLC collectés et d'augmenter la proportion valorisée pour répondre aux enjeux de la prévention des déchets et de la préservation des ressources naturelles. Actuellement 600 000 tonnes de TLC / an pour 67 millions d'habitants en France ce qui équivaut à 10 kg par habitant dont 8 kg de vêtements. Mais seulement 3 kg / an / habitant de produits textiles usagés collectés (chiffres 2016). L'objectif pour la France est de doubler la collecte.
  • Dans le monde, la valeur des ventes de produits issus du commerce équitable a sans cesse augmenté jusqu'en 2011, où le chiffre d'affaires atteignait 4,9 milliards d'euros. Entre 2011 et 2012, les ventes ont diminué avant de reprendre de l'élan. En 2015, ce marché valait 7,3 milliards d'euros.
  • Selon le dernier bilan de la Plate-Forme pour le Commerce Équitable (PFCE), le marché français des produits équitables se porte au mieux. Ses ventes se sont élevées à 948 millions d’euros en 2016, en croissance de 42,8 %.
  • En 2015, la production de textiles totalise 1,2 milliards de tonnes de CO2 émis, ce qui représente plus que les émissions combinées de la totalité des vols internationaux et des transports maritimes de la même année. La mode est la 2ème industrie la plus polluante au monde après l’industrie pétrolière.
  • 20% de la pollution industrielle de l’eau sont dus uniquement aux opérations de teintures du textile et autres opérations d’ennoblissement textile.
  • Si rien ne change, en 2050, l’industrie textile utilisera plus d’un quart du budget carbone mondial, pour une augmentation de la température globale de 2°C.

 

Petite histoire parisienne

Dans un secteur aussi concurrentiel que le luxe, Isabelle Lefort, co-fondatrice de l'association Paris Good Fashion a fait le pari de faire de la Ville lumière la capitale de la mode responsable à l'horizon des Jeux olympiques de 2024. L'Institut français de la mode, les fédérations de la haute couture et du prêt-à-porter, Kering, Chanel, LVMH, le groupe Richemont, les Galeries Lafayette et le Salon textile Première Vision ont rejoint l'aventure. Parmi les axes de travail, établir une cartographie des ressources durables à Paris pour amoindrir l'impact environnemental de la Fashion Week, comme la consommation d'eau et la construction des décors.

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