Privilégier les produits de saison et locaux

Privilégier les produits de saison et locaux

La petite étiquette qui indique « Pérou » à côté de vos fraises de janvier n'est pas aussi innocente qu'elle en a l'air. Cela veut dire des milliers de kilomètres d'avion et un mode de production énergivore. Bon appétit !
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Brève définition

Limiter l’achat de produits alimentaires importés, ou produits sous serres chauffées, consiste à privilégier les produits locaux et de saison. Ainsi, l’impact sur l’environnement s’en trouve diminué : moins de moyens de transport et d’énergie utilisés, et s’ils sont bio c’est encore mieux.

De plus, grâce à la saisonnalité et à ces temps d’acheminement diminués, les fruits et légumes sont cueillis à maturité : ils sont plus savoureux !

Préférer les aliments bio quand cela est possible, c’est consommer des aliments qui ont été cultivés dans le respect des équilibres naturels de l’environnement et du bien-être animal. Les méthodes de production et d’élevage n’ont recours ni à des produits chimiques, ni à des organismes génétiquement modifiés, et ont fait l’objet d’une inspection. Enfin, la consommation de produits locaux favorise les circuits courts, remettant au cœur du processus une rémunération plus juste pour les producteurs, la traçabilité du produit et une vraie proximité avec le client.

À vous de jouer

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Respectez les saisons dans le choix de fruits et légumes, pensez aux variétés anciennes et rustiques.

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Questionnez votre commerçant et/ou lisez les étiquettes en étant attentif aux modes et lieux de production et aux moyens d’acheminement.

Identifiez les labels et les signes de qualités qui attestent d’une production locale : Labels AOC, AOP, Viande Bovine Française. Fiez-vous au label AB (Agriculture Biologique) et son équivalent européen. La marque « Ile-de-France » lancée en 2011 atteste de la provenance du produit. Pour plus de détails, référez-vous au guide des labels ou sur le site de l'Institut National de l'Origine et de la qualité.  La plupart des distributeurs ont développé leur propre marque de produits Bio.

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Optez pour des circuits courts entre producteurs et consommateurs : mise en place d’AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), marchés Bio, Jardins de Cocagne, etc.

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Motiver

  • Pensez aux  arguments écologiques, gustatifs et même éthiques.
  • Les circuits courts répondent de manière très simple à un problème environnemental et à un problème social. Ils diminuent l’empreinte de nos achats sur l’environnement et améliorent les liens sociaux en aidant les producteurs et artisans locaux.
  • Découvrez de nouvelles recettes adaptées aux produits de saison et partagez-les !
  • Pour faire des économies et financer l’achat de produits Bio : la viande peut, par exemple, être remplacée par un plat végétarien à base de céréales et légumineuses bio qui fourniront autant de protéines. 
  • Les marques de distributeurs et systèmes de distribution alternatifs permettent de trouver des produits Bio qui ne sont pas nécessairement plus chers que les produits traditionnels.
  • Pensez aux arguments écologiques et médicaux : l’agriculture biologique est plus respectueuse des sols et des humains, et moins consommatrice de pesticides chimiques dangereux pour la santé, etc.

Financer

Les produits alimentaires locaux ne coûtent pas nécessairement plus cher que les produits importés, notamment parce que le coût du transport est moindre. Les produits de saison quant à eux coûtent moins cher !

Par ailleurs, certains magasins Bio proposent désormais des produits en vrac à des prix souvent équivalents voire moins chers que les produits conventionnels emballés !

Points de vigilance

  • Pour la consommation de produits dits exotiques comme le cacao ou le café : les produits issus du commerce équitable (portant le Label Fair Trade/Max Havelaar, ESR Equitable Solidaire Responsable, Bio Equitable), voire bio peuvent être privilégiés, car ils ne sont pas produits dans l’Hexagone ni même en Europe. Ils permettent aux producteurs du Sud de vendre à un prix plus élevé, de produire en respectant la biodiversité locale et de travailler avec des producteurs voisins.
  • Trouver des producteurs locaux peut s’avérer être une difficulté, surtout en Ile-de-France où la demande est croissante.
  • Accepter de ne pas trouver tous les produits toute l’année, et parfois en saison à cause des aléas climatiques, nécessite une certaine flexibilité.
  • Attention aux « faux » produits bio : préférer les produits labellisés Agriculture Biologique.
  • Le biologique n’est pas forcément disponible partout : repérer les établissements qui en proposent.

Petite histoire parisienne

La Ville de Paris a engagé, depuis 2009, une démarche vertueuse en faveur du développement de l’alimentation durable (Bio, Label Rouge, pêche durable) dans les 30 millions de repas servis chaque année de ses 1 300 restaurants collectifs (crèches, cantines des écoles, collèges, établissement d’accueil social, établissements de protection de l’enfance, maisons de retraite, restaurants du personnel…). Son plan alimentation durable fixe un objectif de 50% d’alimentation durable à sa restauration collective à l’horizon 2020.

En 2017, ce sont 42,5% d’alimentation durable (dont 36,5% de produits biologiques) qui ont été servis dans l’ensemble des restaurants collectifs municipaux et départements, + de 40% dans les cantines scolaires, + de 60% dans les crèches, faisant de la collectivité parisienne le premier acheteur public français de bio en volume.

Par ailleurs, la municipalité a lancé en mai 2018 la Stratégie "Paris bien dans son assiette" . Elle s'adresse tant aux acteurs de filières agricoles et alimentaires afin qu'ils proposent des aliments sains à tous, qu'aux consommateurs pour qu'ils adoptent un régime alimentaire plus durable pour leur santé et la planète.

Le saviez-vous ?

Le contexte, les enjeux

  • Un aliment parcourt en moyenne 1 500 km avant de finir dans notre assiette.
  • Les fraises importées l’hiver demandent 20 fois plus d’énergie que celles produites entre mai et juillet en France. En cause : les modes de production sous serre notamment en Espagne et l’acheminement par camion jusqu’en France. L’agriculture intensive et la monoculture traditionnelle participent à l’érosion des sols et à la perte de fertilité, ce qui impacte la biodiversité et les écosystèmes. L’agriculture biologique, avec des pratiques telles que la rotation des cultures, permet de conserver la fertilité des sols. Réduire les déplacements pour l’agroalimentaire et adapter ses envies alimentaires à la saison (plutôt que l’inverse) permettent ainsi de réduire considérablement la consommation d’énergie.
  • Cela permet aussi de participer à la préservation de la diversité et des savoir-faire attachés aux produits alimentaires des terroirs et d’aider au maintien des agriculteurs !

 

Quelques chiffres clés

  • L’avion émet 570 à 1 580 grammes de CO2 pour transporter une tonne de denrées sur 1 km. Le train en émet seulement 30 grammes, le bateau 15 à 30 grammes et le camion 210 à 1 430 grammes. (Source : Rapport « The Validity of Food Miles as an Indicator of Sustainable Development »)
  • 95 % des Français trouvent important que les entreprises indiquent si leurs produits ont été, ou non, fabriqués dans l’hexagone et sont en faveur de la création d’un label « Fabriqué en France ». (Source : TNS Sofres)
  • 9 français sur 10, soit 89%, ont consommé des produits biologiques en 2018, contre 54% en 2003. En 2018, 71% des français le font au moins une fois par mois (contre 37% en 2003) et 12% tous les jours ! (Source : Agence Bio)
  • En 2018, la santé est le premier motif à la consommation des produits bio en France (69%), suivi de la qualité et du goût des produits (58%), puis de la protection de l’environnement (56%). (Source : Agence Bio
  • Un fruit importé hors saison consomme 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement, et acheté de saison.
  • Les surfaces franciliennes en Agriculture Biologique ont fait un bond de 30,5% en 2018 (+4 626ha). Ce sont plus de soixante-dix fermes qui se sont nouvellement engagées en AB en 2018. Dans la continuité des deux dernières années : des fermes de tous types de productions se convertissent désormais à l'AB (auparavant, les conversions concernaient surtout des céréaliers). À fin 2018, 19 797 ha sont cultivés en bio, soit près de 3,5% de la surface agricole utile francilienne. Les fermes biologiques représentent 7,7% des exploitations agricoles franciliennes. (Source : GAB )

Faire évoluer son alimentation vers une alimentation Bio, c’est s’en remettre à des produits de meilleure qualité qui ont un impact bénéfique sur l’environnement et sur la santé !

 

Outils et infos pratiques

Lieux de renseignements de la Ville de Paris

Guides

Site internet

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