Mieux isoler sa (co)propriété

Mieux isoler sa (co)propriété

Si hiver rime pour vous avec triple couverture et facture compte triple, c’est le moment d’isoler, et ce, même si vous vivez en copropriété ! Découvrez comment vous faire accompagner et comment le coût de vos travaux pour passer l'hiver en douceur.
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Brève définition

Isoler son habitation, c’est mettre en place des matériaux adaptés pour freiner les déperditions de chaleur du bâtiment, diminuer les besoins en chauffage et améliorer son confort.

Si les isolants sont réalisés en matériaux naturels, ils cumulent d’autres avantages : économie d’énergie pour leur fabrication, facilité de recyclage en fin de vie, qualité de l’air intérieur. Dans certains cas, les isolants permettent aussi de conserver la fraicheur du bâtiment et améliorent ainsi le confort d’été.

 

À vous de jouer

Préparez le projet de rénovation énergétique de votre copropriété :

 

  1. Sensibilisez la copropriété à l'intérêt, entre autre financier, d'une rénovation thermique. Impliquez la copropriété et le syndic : le conseil syndical doit être acteur et moteur du projet !
  2. Faites voter un budget pour un audit énergétique.
  3. Choisissez un bureau d’étude.
  4. A ce stade, la réalisation de clichés à l’aide d’une caméra thermique peut vous aider à définir vos priorités en vous indiquant les zones de forte déperdition (prestataire ou location possible). Les sensations de froid perçues par le corps sont aussi un bon indicateur. Intégrer très en amont la dimension isolation dans le planning général des travaux de rénovation permettra d’en amortir considérablement le prix et d’en faciliter la mise en œuvre.
  5. Une fois l’audit réalisé, faites voter un budget-travaux échelonné selon les préconisations de l'audit et les budgets mobilisables.
  6. Hiérarchisez les travaux par ordre : ventilation, fenêtres, murs, ponts thermiques, toiture, planchers bas... Chaque copropriété a ses priorités !
  7. Recueillez, organisez et communiquez les données à chaque phase du projet (la communication interne à la copropriété, doit être soignée, c’est une vraie clé du succès).

 

Préparez le projet de rénovation énergétique de votre logement individuel :

 

  1. Définissez votre projet seul ou avec un maître d’œuvre. Quels sont vos besoins, vos possibilités, vos meilleures opportunités ? 

Par exemple, si un ravalement est prévu, prévoyez une correction thermique ou une isolation par l’extérieur. Si des parements intérieurs doivent être refaits, réfléchissez à des corrections thermiques réalisables de l’intérieur. Si votre habitation comporte beaucoup de surface vitrée, c’est sur cette partie qu’il faudra agir en priorité.

  1. Consultez un Conseiller Info-Énergie Climat (CIEC) : ils offrent des conseils objectifs pour votre projet. Ils concernent tous les aspects : avis technique, réglementaires, aides financières auxquelles prétendre, etc. À l’aide d’un logiciel, il est possible d’évaluer les consommations d’énergie en fonction des travaux envisagés.
  2. Prêter une attention particulière aux matériaux et techniques que vous souhaitez utiliser et à leur compatibilité avec la nature du bâti (parpaing, béton ou pierres). Le choix de matériaux naturels permet notamment de préserver la circulation de la vapeur d’eau à travers les parois, fait très important dans le cas des murs en pierre.
  3. Contactez plusieurs artisans afin de pouvoir comparer les prix et les propositions. La recherche d’artisans devra être d’autant plus active que vous ferez le choix d’utiliser des éco-matériaux ou interviendrez sur un bâti ancien.

 

Motiver

  • La principale motivation dans une copropriété est l’argument financier, puisque le chauffage est majoritaire dans les charges. Montrez grâce à des calculs judicieux les économies réalisables en prenant en compte :
    • la hausse régulière des énergies qui va s’accélérer dans les prochaines années.
    • le temps de retour sur investissement raisonnable après aides financières.
    • l’augmentation importante de la valeur du patrimoine.
  • Vous pouvez également souligner l’argument éthique, puisque la rénovation thermique permet d’éviter les gaspillages d’énergie et l’augmentation du gaz à effet de serre, c’est-à-dire la détérioration de la qualité de l’air.
  • Prenez des exemples de rénovations thermiques déjà réalisées, et éventuellement, faites témoigner quelqu’un. Visiter des lieux où l’isolation a été réalisée est aussi d’une grande aide et pourra vous inspirer. 
  • Mais il faut impérativement sensibiliser la copropriété à la durée des travaux : cela peut être long.

 

Financer

  • Mettez en place un programme de travaux. S’il s’agit d’une copropriété, il doit bien sûr être en adéquation avec les travaux prioritaires de cette dernière et définissez la part financière de chaque copropriétaire dans les travaux.
  • Établissez un plan de financement des travaux. Étudiez le coût global du projet  en intégrant les économies attendues sur la consommation d’énergie.
  • Recensez toutes les aides sociales ou fiscales éligibles pour obtenir le coût financier net de chacun : ANAH, crédit d’impôt, éco-prêt, etc.
  • Empruntez avec des taux bonifiés chez certains établissements bancaires.

 

Vigilance

  • Attention aux actions contre productives, courantes notamment dans le bâti ancien. Par exemple, la pose d’un isolant amorphe et épais à l’intérieur d’un bâtiment en pierre apportera plus d’inconvénient que d’avantage : perte de l’inertie des murs massifs à l’origine du confort d’été, désordres hygrométriques pouvant réduire à néant l’effort d’isolation réalisé et affecter la pérennité du mur.
  • Ayez le souci du détail. Notamment si vous posez un pare-vapeur, assurez-vous qu’il est parfaitement continu car une simple fente de 1 mm de large sur la longueur peut abaisser considérablement le pouvoir isolant de l’ensemble.
  • Si les murs comportent des problèmes d’humidité il convient d’en connaître la cause et, si possible, d’y remédier avant toute mise en œuvre d'une isolation.
  • Pensez ventilation : si vos travaux d’amélioration ont portés sur l’étanchéité de vos locaux, assurez-vous impérativement que la ventilation est opérationnelle dans les logements et à même de garantir un air sain pour les occupants.

 

Le saviez-vous ?

Le contexte, les enjeux

  • En France, le bâtiment est à l’origine de 24% des émissions de gaz à effets de serre.
  • À Paris, on compte plus de 96 000 immeubles, rassemblant près de 1,4 million de logements occupés ou vacants, soit l’équivalent en surface de 7880 de terrains de football à chauffer. Pour en savoir plus ce que cela implique, jetez un œil à cette étude récente de l’APUR.
  • À Paris aussi, le chauffage représente environ 62% de la consommation d’énergie des logements résidentiels, le gisement d’économies réalisables est donc considérable.
  • Surtout que la précarité énergétique est préoccupante et elle est notamment due  à une mauvaise isolation. Elle touche 77 000 ménages à Paris en 2019. Or, on sait que diminuer d’un degré le chauffage revient à économiser 7% de sa facture.
  • Le nouveau Plan Climat établira en 2020, un Pacte territorial de lutte contre la précarité énergétique, visant à la réduire de 20%. Ce pacte pourrait être accompagné d’aide financière spécifique, avec un fonds social d’aide aux travaux de maîtrise de l’énergie.
  • De manière générale, d’ici 2030, les ménages parisiens seront incités à remplacer les systèmes de chauffage central alimentés au fioul, par des modes d’alimentation moins émetteurs de GES dans un objectif d’amélioration de la qualité de l’air.
  • Les copropriétés sont un enjeu important pour la transition énergétique au vu de l’organisation résidentielle de la ville. La rénovation énergétique des copropriétés est donc nécessaire pour atteindre l’objectif du Plan Climat  2050 et implique un rythme de 40 000 rénovations par an.

Source : Paris.fr et apc-paris.com

 

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