Créer un poulailler collectif

Créer un poulailler collectif

Quelques poules dans l’herbe, des œufs frais… c’est un brin d’air de campagne où on redécouvre plein de choses et même parfois ses voisins !
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Brève définition

Installer un poulailler collectif, c’est accueillir quelques poules sur un terrain enherbé muni d’un abri. En s’intégrant dans le tissu urbain, le poulailler joue un rôle pédagogique, écologique avec un recyclage direct de déchets, et favorise le lien social : l’entretien et la récolte des œufs se font collectivement. Ces animaux, bien adaptés à la vie en ville, n’ont besoin que d’une petite surface pour vivre.

À vous de jouer

1. Où installer votre poulailler ?

Installer un poulailler collectif : c’est accueillir quelques poules sur un terrain enherbé muni d’un abri. En s’intégrant dans le tissu urbain, le poulailler joue un rôle pédagogique, écologique avec un recyclage direct de déchets, et favorise le lien social : l’entretien et la récolte des œufs se font collectivement. Ces animaux, bien adaptés à la vie en ville, n’ont besoin que d’une petite surface pour vivre.

Sur un terrain enherbé dans la cour de votre immeuble ou dans le  jardin partagé dont vous êtes membre. Dans tous les cas, il est indispensable de respecter la Règlementation Sanitaire du Département de Paris et le règlement intérieur de la copropriété. Les règles appliquées pour les poules sont les mêmes que celles des animaux domestiques. L’élevage de poules ne peut être fait que dans un objectif d’agrément, d’éducation, de réduction des déchets. Il ne sera en aucun cas destiné à des fins commerciales.

2. Si possible,  privilégier les producteurs/éleveurs de poules en agriculture raisonnée voire bio pour se procurer les jeunes poules.

Elles ont des chances d'être en meilleure santé que celles vendues en magasin spécialisé. Le bouche  à oreille est votre meilleur allié pour trouver un producteur sérieux près de chez vous. 

3. Regrouper des personnes intéressées pour gérer le poulailler et créer un planning collaboratif, pour assurer un partage équitable des tâches quotidiennes nécessaires à l’entretien du poulailler et la récolte des œufs.

Ce groupe peut être composé d'un minimum de quatre personnes et jusqu'à une vingtaine,  le roulement à la semaine est conseillé avec des équipes de un, deux et trois personnes. À plusieurs, le partage des tâches rend l’entretien moins lourd et permet de créer un esprit collectif.

 

L’entretien du poulailler se fait en 3 temps :

- un entretien quotidien : 20 minutes par jour pour nourrir, remettre de l’eau propre, voire si besoin sortir/rentrer les poules, ramasser les œufs, nettoyer les restes de repas de la veille.

- un entretien hebdomadaire : une heure par semaine pour nettoyer le poulailler et changer les litières au sol et dans les pondoirs.

- un entretien mensuel : deux heures par mois pour un grand nettoyage et la désinfection du poulailler.

4. Mettre en place une structure légère qui servira d’abri (au moins 0.5 m² par poule) et prévoir un parcours extérieur d’au moins 5 m² par poule, pour garantir de bonnes conditions d’élevage, préserver au mieux les sols et valoriser la matière organique.

Prévenir les maladies des poules de manière éco-responsable quand cela est possible.

Certaines techniques ou produit permettent de prévenir l'arrivée de parasites s'attaquant fréquemment aux poules. Par exemple, la terre de diatomée éloigne les poux rouges et la cendre de bois ou l’ajout de vinaigre blanc dilué dans l’eau de l’abreuvoir sont  d'excellents vermifuges. Cela n’empêche évidemment par le vétérinaire en cas de maladie de la poule.

5. Prévenir les invasions des petits prédateurs.

La présence des rats, souris et mulots sont un problème récurrent des poulaillers. Mais des alternatives existent avant d'avoir recours aux poisons qui risqueraient de nuire directement à vos poules.

Des pièges manuels existent et nécessite du matériel tout à fait basique. Seaux, boites de conserves, ou bouteilles d'eau feront l'affaire ! Cela vaut le coût de fouiller sur internet à la recherche de tutoriels ou autres modes d’emploi, et de s'armer de ses talents de bricoleur.

On conseille de changer fréquemment les pièges de place, l'intelligence de ces petites bêtes n'étant pas à sous-estimer !

Planter en abondance des plantes répulsives autour comme la menthe ou la sauge peut aussi être un moyen de prévenir l'invasion des rongeurs.

Stocker les aliments et graines dans un endroit bien fermé voire éloigné du poulailler est également un bon moyen de les empêcher.

Si vous souhaitez aussi prévenir les attaques de renards ; n'hésitez pas à investir dans un type de grillage prévu à cet effet le plus tôt possible.

Motiver

  • La récolte assurée de bons œufs frais tous les matins est un excellent facteur de motivation et cela permet de renouer avec l’agriculture et les circuits courts.

  • Communiquer à l’emplacement du poulailler sur les services rendus par les poules et leur gestion afin de mieux les connaitre et les accepter.

  • Les pailles souillées et fientes compostées avec des déchets verts fournissent un engrais naturel riche en azote utile aux plantes.

  • La poule participe à un entretien écologique du jardin (consommation des chenilles, escargots, limaces et insectes, aération et fertilisation du sol).

Les astuces

  • La poule apprécie d’être nourrie à heures fixes et de disposer d’eau fraîche à volonté dans un abreuvoir propre. 

  • Indiquer le jour de ponte sur l’œuf au crayon à papier avant de le stocker. Il peut se conserver jusqu’à 30 jours. En cas de doute, il existe un test de fraîcheur : un œuf frais coule dans un verre d’eau ; sinon, il flotte.

  • À l’achat, choisir des poules plutôt que des poussins (le sexe d’un poussin étant difficile à déterminer avec certitude, cela vous évitera la mauvaise surprise d’avoir un coq au lieu de la poule attendue !).

  • Privilégier des  races  de  poules pondeuses, rustiques et locales. Elles seront plus résistantes et mieux  adaptées au climat (exemples : Gâtinaise, Faverole, Marans, Gauloise dorée).

  • S’assurer que les poules achetées ont reçu les soins, le suivi vétérinaire et les vaccins recommandés.

  • Un bon entretien et le stockage de la nourriture en conteneur hermétique limite les nuisibles comme les rats.

  • Éviter d’orienter l’entrée du poulailler à l’ouest, provenance des vents des vents dominants et des précipitations.

Outils et infos pratiques

Lieu de renseignement

La Ferme de Paris (Agence d'écologie urbaine - Direction des Espaces Verts et de l'Environnement - Mairie de Paris).

Guide

Sites Internet

Le saviez-vous ?

Les chiffres clefs

  • La poule pond entre 150 et 250 œufs par an selon les races.

  • 5,5 m2 : c’est l’espace intérieur et extérieur dont a besoin une poule pour se sentir bien à son aise.

  • Une poule consomme par an plus de 150 kg de déchets alimentaires : épluchures, restes de légumes crus ou cuits, restes de repas... (Source : ADEME).

  • 2 poules peuvent donc  réduire d’1/3 le volume des déchets ménagers d’une famille de 4 personnes.

Petite histoire parisienne

Trois poules noires de race Marans ont élu domicile dans le poulailler du Jardin des Combattants de la Nueve de l’Hôtel de Ville de Paris. Inauguré en juillet 2015, il est entretenu collectivement par une vingtaine d'agents de la Ville volontaires et constitue un outil pédagogique original pour les élèves des écoles voisines.

Ce projet pensé collectivement par les agents de la Ville, dont ceux de La Ferme de Paris, a été conçu et construit en collaboration avec le Pavillon de l'Arsenal, le collectif Prémices, les Arplanteurs et les élèves de deux classes de CE2 des 4e et 11e arrondissements.

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