Accueillir et observer la faune et la flore sauvages en ville

Accueillir et observer la faune et la flore sauvages en ville

Près de 2 800 espèces de plantes sauvages, des chauves-souris, des abeilles solitaires et autres animaux étonnants : Paris offre de nombreux écrins pour la faune et la flore sauvages ! Pour préserver et (re)découvrir cette nature secrète de la capitale, une excellente recette : l'hospitalité pour préserver un bout de jungle en ville !
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Brève définition

La biodiversité à l’échelle de la planète, c’est la diversité du monde vivant, des gènes, des espèces (champignons, plantes et animaux) et des écosystèmes conditionnés par les zones géographiques, forêt, fleuves, océans, déserts, zones humides, savanes, prairie… ces milieux assurant la continuité de la vie sur terre sous toutes ses formes.

À l’échelle parisienne, la biodiversité est représentée par les espèces animales et végétales sauvages et les écosystèmes à caractère naturel de la biorégion (bois, Seine et canaux et leurs berges, parcs et jardins, milieux humides, etc.).
 

 

À vous de jouer

Pour accueillir et observer des plantes et animaux sauvages, il est possible de créer des nichoirs pour oiseaux, chauves-souris, abeilles et guêpes solitaires, de cultiver des plantes sauvages dans des jardinières, sur des balcons ou rebords de fenêtres, de réserver un habitat à la faune et flore dans une cour ou un jardin afin de laisser la végétation se développer naturellement. 1 ou 2 m2 peuvent suffire. Ainsi, vous luttez contre la raréfaction de ces habitats en ville et vous agissez en faveur de la biodiversité, tout en apprenant à découvrir les nombreuses espèces sauvages.

Organiser

Pour la faune :

  1. Se renseigner et ou repérer les espèces présentes dans le secteur : oiseaux, insectes, etc.
  2. Repérer les zones à équiper, les besoins, les modes d’accrochage possibles et le type de nichoir nécessaire. Cela peut être : un nichoir pour oiseaux nidifiant dans les trous d’arbres (mésange noire, mésange bleue, moineau domestique, etc.), pour chauves-souris (pipistrelle), pour abeilles et guêpes solitaires, etc.
  3. Se procurer le matériel nécessaire : en achetant des nichoirs préfabriqués ou en les construisant vous-même avec votre famille ou vos voisins pourquoi pas !
  4. Intégrer l’ensemble des occupants, gestionnaires et propriétaires des bâtiments à la démarche : présenter le projet, les enjeux et les objectifs, si possible de manière ludique et pédagogique.
  5. S’assurer si besoin de l’accord des copropriétaires et éventuellement de la copropriété voisine.
  6. Dans le cas d’un chantier collectif, veiller à disposer de suffisamment d’encadrants pour assurer la sécurité des participants. Séparer les outils pouvant être utilisés par tous, de ceux réservés aux adultes initiés.
  7. Installer les nichoirs et observer au printemps !

 

Pour la flore :

  1. Identifier les conditions climatiques propres à l’espace de culture : ensoleillé, ombragé, venté ou non, exposé à la pluie ou non, etc.
  2. Choisir les plantes qui répondent à ces contraintes ou attendre que les plantes sauvages colonisent spontanément les jardinières (approche non interventionniste).
  3. Choisir les contenants en fonction des exigences des plantes. Certaines ont peu d’exigences en eau parce qu’elles disposent de racines profondes. D’autres plantes de milieux secs stockent l’eau dans leurs tissus et disposent au contraire de racines superficielles.
  4. Choisir les substrats appropriés (milieu dans lequel vont pousser vos plantes) : l’ortie n’a ainsi pas les mêmes exigences que le sedum âcre même si ces deux plantes poussent spontanément à Paris.      

Motiver

  • Mettez en avant les observations qui pourront être faites, les plaisirs partagés à venir, avec très peu de moyens nécessaires… L’aide qui sera ainsi apporté à la biodiversité locale.
  • Organisez des rencontres d’observation avec des enfants, des jeunes, des seniors : faites-en un moment convivial de partage, de rencontre et de sortie découverte dans le quartier : friche, bois, jardins, etc.
  • Ajoutez des aménagements favorables à la nidification, à l’hivernage et à l’observation d’animaux sauvages : nichoirs à oiseaux et abris à insectes, nourrissage en hiver, etc.

 

Financer

  • Un nichoir se trouve dans le commerce à partir de quelques euros, et jusqu’à plusieurs centaines d’euros : tout dépend du modèle, de l’animal que vous souhaitez accueillir, de la manière dont vous le faites. En le construisant vous-même et grâce à la récupération, cela peut vous coûter moins cher. Il existe également quelques ateliers de menuiserie collective.
    • Matériel nécessaire pour les nichoirs à insectes : Bois de palettes (non traité), tiges creuses (bambou, roseau, etc.), tiges à moelle (sureau, framboisier, ronce, etc.), bûches, terre sablonneuse, boîtes de conserve, clous, fil de fer.
    • Matériel nécessaire pour les nichoirs à oiseaux : Planches de bois brut ou caisse en bois pour magnum de champagne, vis, etc.
  • Les frais diminuent si le(s) porteur(s) de projet assurent les actions de sensibilisation et réalisent eux-mêmes les engagements.
  • Cultiver des plantes sauvages ne coûte pas très cher, puisque les choses doivent se faire naturellement : pas d’achat de graines, de pesticides, etc.
  • Pour fabriquer des jardinières à moindre frais, utilisez des matériaux de récupération comme des caisses ou palettes en bois, des vieux seaux, etc.

 

Les astuces

Les clés du succès

  • La curiosité et le goût de l’observation sont les meilleurs alliés. N’hésitez surtout pas à consacrer du temps à observer !
  • En ville, observer la faune sauvage est plus simple qu’à la campagne : habitués à notre proximité, les oiseaux sont beaucoup moins farouches. Pas même besoin d’une paire de jumelles pour débuter le birdwatching, encore nommé la miroise !
  • Placez les nichoirs à proximité des plantations (jardinières, parcelles) qui attireront toute une petite faune et aussi les oiseaux qui s’en nourrissent.
  • Adoptez le « réflexe récup » en mettant de côté bois de palette, caisses, etc. déposés au coin de la rue pour réaliser vos contenants et choisissez de semer des graines récoltées ou échangées lors d’un troc plutôt que de planter des végétaux issus de jardineries dont vous ne maîtrisez pas la provenance.

 

Vigilance

  • Assurez-vous que le règlement de la copropriété autorise l'installation d'objets sur les rebords de fenêtre ou leur accrochage sur les murs collectifs ainsi que la culture de plantes sur ces rebords.
  • Une éventuelle phobie des insectes peut être levée en organisant une sortie autour de l’observation d’un gîte à insectes.
  • La création de nichoirs à insectes, à oiseaux ou à chauves-souris peut nécessiter l’usage d’outils qui exigent un bon encadrement pour assurer la sécurité des jeunes participants.
  • Le renforcement de la biodiversité sur un site implique des comportements respectueux et un engagement suivi et rigoureux.

Outils et infos pratiques

Lieux de renseignement

  • La Maison Paris nature au Parc Floral présente un parcours autour des aménagements écologiques favorables à la faune et flore sauvages et accompagne les porteurs de projets.
  • La Maison du Jardinage dans le parc de Bercy conseille et donne des astuces pour jardiner en ville à peu de frais et au naturel.
  • La Ligue de la Protection des Oiseaux, la LPO, dont l'antenne Ile-de-France organise de nombreuses sorties de découverte à Paris et en Ile-de-France.

 

Sites Internet, Guides et liens utiles

  • Denis PEPIN et Georges CHAUVIN – « Coccinelles, primevères, la nature au service du jardin » - Terre Vivante : 2008
  • Vincent ALBOUY. « Jardinez avec la nature ; les bases du jardinage écologique » - Edisud Le Choix Durable : 2007
  • « L’utilité des mauvaises herbes : faites travailler les plantes à votre place », Agriculture écologique, d’après les recherches de Joy Griffith – Jones – Edisud

 

Où se procurer les nichoirs ?

 

Fiche révisée le : 04/05/2021    par : Ville de Paris

Le saviez-vous ?

Le contexte, les enjeux

  • La Mairie de Paris met en place des espaces de biodiversité dans le cadre du Plan Biodiversité 2018 -2024 de la capitale, afin de favoriser et de protéger la biodiversité sur le territoire parisien. Décliné en une trentaine d’actions, ce Plan prend le relais de celui lancé en 2011. Son objectif est d’accroître considérablement la végétalisation de l’espace public et privé y compris sur le bâti (toits, murs).
  • Le milieu urbain est principalement composé de surfaces lisses et vitrées qui offrent peu d’espace aux espèces sauvages pour nidifier ou se reproduire. Ainsi, aménager ne serait-ce qu’un tout petit espace leur offre un abri en ville. Cela renforce les capacités d’accueil de la biodiversité sur les bâtiments, les terrasses, balcons et même les rebords de fenêtre. L’évolution de la ville a entraîné une évolution des animaux sauvages : certaines espèces disparaissent, d’autres font leur apparition. Par exemple, moineaux et hirondelles sont nettement en déclin dans la capitale. Favoriser l’augmentation du nombre d’abris permet de leur offrir des refuges urbains.
  • Aujourd'hui le taux d'extinction des espèces est 1 000 à 10 000 fois supérieur au taux naturel. L’installation de certaines plantes sauvages participe au maintien de la biodiversité en ville.
  • Le morcellement des habitats en ville aujourd’hui empêche la circulation des espèces animales et végétales, et se fait de plus en plus rapidement (rapidité d’artificialisation des sols a augmenté de 30% en 10 ans). La Ville de Paris met en place des réserves d’évolution naturelle, dans le cadre du plan Biodiversité de la capitale, afin de favoriser et de protéger la biodiversité à Paris. Actuellement les plantes cultivées par l’homme sont des espèces horticoles sélectionnées pour un service particulier (alimentaire, textile, décoratif, etc.) elles sont devenues aussi plus fragiles et leur culture intensive contribue à la perte de la richesse génétique. La culture des plantes sauvages participe à la préservation du patrimoine naturel végétal.
  • Chaque jardin ou espace vert situé sur le territoire parisien, qu’il soit public (bailleurs sociaux, parcs et jardins municipaux…) ou privé (copropriétés…), est un élément constituant de la trame verte qui participe à la préservation de la biodiversité et aux déplacements des espèces. La constitution de cette trame verte est un des grands objectifs du plan biodiversité de Paris. Le plan Ecophyto II, issu du Grenelle de l’environnement, adopté en octobre 2015, a pour objectif de réduire progressivement l’utilisation, la dépendance, les risques et les impacts des produits phytosanitaires (herbicides, insecticides et fongicides). Les jardiniers amateurs ne peuvent plus utiliser les pesticides depuis le 1er janvier 2019. C’est déjà le cas, depuis janvier 2017, pour les collectivités locales, l’État et sesétablissements publics lors de l’entretien des espaces verts, des forêts, des voiries ou promenades. Le plan Écophyto II+ matérialise les engagements pris par le Gouvernement et apporte une nouvelle impulsion pour atteindre l’objectif de réduire les usages de produits phytopharmaceutiques de 50% d'ici 2025 et la sortie du glyphosate en 2020 pour les principaux usages et au plus tard d'ici 2022 pour l'ensemble des usages.

 

Quelques chiffres clés

  • Une diminution sans précédent de la biodiversité : l’extinction des espèces vivantes se ferait à un rythme 50 à 100 fois supérieur à la normale depuis le 17e siècle et serait aujourd’hui, d’après les scientifiques, 1 000 fois supérieure au taux naturel.
  • Près d'une plante sauvage sur trois est menacée de disparition en Ile-de-France. (source - Museum National d’Histoire Naturelle)
  • Près de 2 800 espèces sauvages, à la fois animales (libellules, coccinelles, écrevisses, anguilles, brochets, grenouilles, tritons, faucons pèlerins, chouettes hulottes, renards, fouines, écureuils roux, hérissons et 11 espèces de chauves-souris) et végétales (orchidées, fougères, mousses, ainsi que les plantes et arbres cultivés) ont été observées à Paris entre 2010 et 2020.
  • Paris compte près de 200 000 arbres d’alignement.
  • 2 300 hectares de verdure s’invitent dans l’espace urbain parisien (du petit square de quartier jusqu’aux bois parisiens qui comptent à eux deux 1 841 hectares).
  • Plus de 500 espaces verts sont répartis dans les vingt arrondissements de la ville.

 

Petite histoire parisienne

Une mare, une prairie, un sous-bois, des libellules, des coquelicots et des oiseaux : la nature champêtre surgit, inattendue, au pied du cimetière du Père-Lachaise, dans le Jardin naturel. Ce jardin public réalisé par la Ville de Paris en 1996 reconstitue les milieux naturels d’Ile-de-France, de plus en plus rares, qui abritent une grande diversité biologique. Ici, pas d'arrosage, ni de tonte : les plantes sauvages fleurissent, fanent, fructifient et offrent gîte et couvert à toute une petite faune.

 

Il est situé au - 120, rue de la Réunion - 20ème - Métro Alexandre-Dumas - Bus 26, 76 et accessible aux personnes à mobilité réduite.

 

Il est ouvert de 7h30 - entre 17h30 et 22h selon le coucher du soleil en semaine 9h - entre 17h30 et 22h selon le coucher du soleil les week-ends et jours fériés.

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