L’attrape-nuage, une low-tech qui chasse la brume et récolte de l’eau

La formidable aventure du chilien Carlos Espinosa

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La formidable aventure de Carlos Espinosa

Carlos Espinosa est l’inventeur de ces fameux « attrapes-nuages », « pièges à brume », traduction du terme « atrapanieblas », qui aujourd’hui ont traversé les terres les plus sèches de la planète.   Ce physicien renommé est originaire du Nord Chili, de la ville d'Antofagasta, à quelques kilomètres du désert d’Atacama, le désert le plus aride du monde. Là-bas, il ne pleut presque jamais, on compte 1 mm de précipitation par an mais paradoxalement il s’agit d’une région plongée dans l'humidité, la brume.

Suite à une terrible année de sécheresse, il raconte comment avec sa famille il a dû trouver une invention en vue de récolter de l’eau et survivre : l’attrape-nuage !

 « En 1956, la ville d’Antofagasta s’agrandissait, et l’eau commençait à manquer. J’avais 32 ans et 7 enfants donc le problème de l’eau, c’était grave. Dans notre désespoir, plusieurs idées se sont combinées : en plus de mes souvenirs d’enfance, on voyait tous les jours la brume au sommet d’une montagne près d’Antofagasta. C’est comme ça que l’idée nous est venue. Quand il n’y a aucun problème, on n’invente rien, le désespoir aide beaucoup»

L’attrape-nuage

Les attrapes-nuages sont des pièges qui permettent de capturer la brume et la condenser. Il s’agit de structures de bois auxquelles sont accrochées des filets de mailles très fines qui emprisonnent l’eau des nuages et la faire couler dans une gouttière qui se situe dans la partie inférieure du filet, connectée elle-même à un tank de stockage. Ce dispositif récolte jusqu’à 10 litres par jour et par mètre carré de toile. Pour donner un ordre de grandeur une douche représente 50 litres d’eau.

En 1963, cette invention a été brevetée et est à usage libre de l’UNESCO.

En 1998, dans le Nord du Chili aussi, près de la ville d’Iquique, un centre de recherche dédié à cette invention  a été élaboré par l'Université Pontificia Universidad Católica de Chile et l'ONG Canadienne FogQuest. Ce centre d’investigation est autonome, à l’écart des réseaux d’eau et d’électricité, alimenté par des panneaux solaires et les « atrapasnieblas ». Il s’agit d’un lieu ouvert au public et qui accueille à l’année 15 étudiants et professeurs, fournis en eau par 30 « pièges à brume » de 4 m².

En 2015, le Palais de Tokyo a invité Carlos Espinosa en compagnie d’artistes et physiciens, afin d'exposer ses attrapes-nuages. Vous observez d’ailleurs que ces inventions sont aujourd’hui déclinées sous différentes formes et sont ainsi extrêmement esthétiques, dignes d’œuvres d’art !

Palais de Tokyo, Le Bord des mondes, Carlos ESPINOSA.
Palais de Tokyo, Le Bord des mondes, avril 2015, Carlos ESPINOSA.

Une invention accessible à tous !

A travers un tutoriel vidéo, la plateforme Low-Tech Lab vous propose de fabriquer vous-même votre « piège à brume », une low-tech simple et accessible à tous : à vous de jouer !

 

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