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Acteurs du Paris durable - Luc Schuiten

Invité du mois

Luc Schuiten

Juillet 2017 -
Thème du mois: 
Architecte et artiste belge, Luc Schuitten imagine la ville du futur. En 2115, les cités seront végétales ! Il partage avec nous sa vision poétique d’une ville résiliente, neutre en carbone et inspirée de la nature.
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1/ Quelle végétalisation pour la ville du futur ?

Toute forme de végétalisation pour la ville est bonne à prendre, car son effet est bénéfique par l’absorption du CO2 et de la pollution, par un effet de diminution de la température, des relais pour la biodiversité, de la récupération de l’eau de pluie, etc.

 

2/ La végétalisation peut-elle apporter des solutions au changement climatique ?

La végétalisation des zones urbaines fait partie des processus nécessaires à la limitation des changements climatiques. Elle contribue à la limitation du CO2. Elle ne peut être considérée à elle seule comme un apport significatif, que pour autant qu’elle soit accompagnée d’un ensemble d’autres mesures telles que la limitation des véhicules à combustible fossile, et du contrôle des rejets dans l’atmosphère des fumées de combustion.


Metz en 2167 - Illustration utilisée avec l'aimable autorisation de son auteur Luc Schuiten

3/ Vous imaginez des villes « lotus », « archiborescente », végétale : quelle est votre principale source d’inspiration ?

L’ensemble de mon travail sur les cités végétales part du biomimétisme pour imaginer des processus de construction prenants modèle dans le vivant pour assurer la durabilité des cités. Le Lotus m’a inspiré pour la particularité de la structure de ses feuilles, leur géométrie, l’économie de matière par rapport à leur portance. On peut aussi noter que leur étonnante propriété hydrophobe les rendent auto-nettoyantes. La fleur de lotus elle-même a été l’occasion de mettre en valeur les possibilités de récupération de l’énergie produite par la biomasse lors de la décomposition des végétaux.

La ville de demain, pour pouvoir être en parfaite adéquation avec son environnement, doit pouvoir fonctionner sur un principe de zéro déchet. II est donc nécessaire de créer des réseaux de récupérations de toutes les matières organiques que celle-ci produit. Le gaz méthane produit par la digestion de ces matières pourrait être stocké dans des réserves ballon prenant la forme de grandes fleurs s’ouvrant et se fermant suivant l’importance des réserves.

 

4/ Quel serait le Paris idéal selon vous ?

Depuis son origine, Paris est une ville qui a choisi résolument de se développer sur l’utilisation privilégiée du minéral pour l’aménagement de ses espaces publics.

Avec l’avènement de la modernité, le mouvement s’est encore amplifié par l’emploi de plus en plus généralisé du béton. Les conséquences sur l’environnement sont devenues désastreuses, car pour produire ce matériau de construction, il est nécessaire de cuire la roche calcaire à 1500 ° avec pour effets de libérer le CO2 que celle-ci a mis des millions d’années à capturer. Les scientifiques ont calculé que cette opération dans le monde constituait une très grande partie de l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère et de son effet de serre.

Des techniques de construction anciennes utilisant des matériaux biosourcés ont été repensées, améliorées, perfectionnées pour répondre à nos besoins d’aujourd’hui. Elles présentent les avantages d’un bilan neutre au point de vue CO2 et même, peut-être un jour, avoir un bilan positif par sa capture. Je pense particulièrement à l’utilisation du bois, de la terre crue, du bambou, du chanvre, de la cellulose, des textiles aux fibres végétales, etc.

Les grandes métropoles souffrent de nombreux problèmes spécifiquement liés à leurs dimensions. Au-delà du million d’habitants, la taille de la cité pose bien plus de problèmes qu’elle ne permet d’en résoudre. Ainsi, entrevoir le futur de la ville dans une perspective d’une croissance infinie me semble être totalement contreproductif.

 

5/ Un conseil pour les Parisiens ?

Toute végétalisation dans la ville est bonne à prendre, aussi petite soit-elle, pour ses effets sur l’environnement, ainsi que pour son action de relais pour la biodiversité urbaine. Ainsi chaque jardinière, balcon, toiture ou portion de trottoir récupéré parmi les dalles de béton vont contribuer à donner un peu plus d’oxygène au vivant, dans une ville qui souffre d’un grand déficit en chlorophylle.

 


Illustration utilisée avec l'aimable autorisation de son auteur Luc Schuiten

Site web : Cité Végétale - Luc Schuiten


A voir aussi : Végétaliser sa rue : c'est permis ! Portrait vidéo de Parisiens qui se mobilisent pour fleurir un à un les pieds d'arbre de leur rue. Voir la vidéo

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Mots clefs : permis de végétaliser

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